L’acte d’écrire

Les signes renvoient à des modes de vie, à des possibilités d’existence, ce sont les symptômes d’une vie jaillissante ou épuisée. Mais un artiste ne peut pas se contenter d’une vie épuisée, ni d’une vie personnelle. On n’écrit pas avec son moi, sa mémoire et ses maladies. Dans l’acte d’écrire, il y a la tentative de faire de la vie quelque chose de plus que personnel, de libérer la vie de ce qui l’emprisonne. L’artiste ou le philosophe ont souvent une petite santé fragile, un organisme faible, un équilibre mal assuré (…). Mais ce n’est pas la mort qui les brise, c’est plutôt l’excès de vie qu’ils ont vu, éprouvé, pensé.
 
Gilles Deleuze

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