Prometteuse

C’est l’un des inconvénients et des miracles de l’enfance : on imagine les choses de travers. Et plus tard, quand on connaît la vérité – si tant est qu’il existe une vérité absolue –, il est difficile de dévider l’écheveau embrouillé de la chose imaginée, car la première image continue obstinément à surgir. On nage…Continue reading Prometteuse

De grands rêves

J’ai fantasmé pour combler les lacunes de mon existence, compris que l’être humain peut faire de grands rêves sur un petit oreiller. J’ai continué, ivre de désir et de l’espoir qui pousse la sève jusqu’aux rameaux desséchés de la création. Et puis j’ai aimé, et j’ai même été heureux, un temps. Bergsveinn Birgisson

Tenue de mots

Je pourrais me fabriquer une tenue de mots en agençant les pages comme des écailles de poisson. Elles me protégeraient, les phrases et les paragraphes suivraient le moindre de mes mouvements. Ally Condie

Ta chevelure

Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l’odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l’eau d’une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l’air. Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j’entends…Continue reading Ta chevelure

Les apparences

Notre souci des apparences nous persuade que tous nos efforts ont été vains si personne ne se rend compte des efforts que nous déployons ou n’entérine nos découvertes intérieures. Rien ne s’éloigne davantage de la réalité. Guy Finley

En voyage

Je suis en voyage, me suis-je dit. Je n’ai plus d’identité. Celle-ci disparaît quand on est loin de chez soi. On n’a pas de travail, pas de domicile, pas de livres sur des étagères qui permettraient aux gens de savoir ce que vous lisez et qui vous êtes. Personne ne connaît vos amis, ni les…Continue reading En voyage

Une raison de vivre

Chaque matin, je regarde revenir la lumière, l’éblouissement du vivant au cœur des mots malgré les grondements des armes et le tintement des monnaies. Je mets mes pieds dans les souliers de la vie et je sors prendre l’air. On a toujours une raison de vivre, peu importe la raison. Il y a trop de…Continue reading Une raison de vivre

On s’aime

Peut-être plus nettement que dans les amitiés humaines qui finissent par s’expliquer, avec les animaux, le fait brut, nu, sans raison, s’impose : on s’aime. Florence Burgat

L’écrivain

Destin étrange, que celui de l’écrivain. Il doit se mener les rênes courtes, à un pas bien accordé, l’échine droite, alors qu’idéalement il devrait faire le cheval fou, crinière au vent, gambadant par-dessus les fossés ridicules, tels la grammaire, la syntaxe ou la paresse, cette dernière étant une haie gigantesque. Quand je pense qu’on appelle…Continue reading L’écrivain

L’orgueil

Il est beau d’être un grand écrivain, de tenir les hommes dans la poêle à frire de sa phrase et de les y faire sauter comme des marrons. Il doit y avoir de délirants orgueils à sentir qu’on pèse sur l’humanité de tout le poids de son idée. Mais il faut, pour cela, avoir quelque…Continue reading L’orgueil