Une règle d’airain de la profession de journaliste : ne jamais avouer que l’on a pu perdre le contact avec le reste du monde ne serait-ce que cinq minutes.
Douglas Kennedy
Une règle d’airain de la profession de journaliste : ne jamais avouer que l’on a pu perdre le contact avec le reste du monde ne serait-ce que cinq minutes.
Douglas Kennedy
J’envisage de créer prochainement un Festival des écrivains casaniers. Mais je tiens à avertir tout de suite les auteurs invités : il aura lieu chez moi.
Eric Chevillard
Tous les quais de gare se ressemblent. Avec leurs flaques d’eau près d’un robinet qui goutte. Leurs passagers aux visages fermés et aux yeux fiévreux. Leurs valises empilées. Leurs bancs occupés. Leur porteurs. Leurs marchands avec leurs pots de thé et de café, leurs paquets de biscuits et leurs magazines illustrés. Leurs poubelles débordantes de déchets. Des mégots. Un gobelet en plastique écrasé. Un emballage de chocolat. Une peau de banane. Des sacs en plastique rose et vert accrochés aux rails et se gonflant ou se dégonflant au gré du vent.
Anita Nair
Après le choc des mauvaises nouvelles, on est tenté de revenir à la flaque des habitudes. Il existe forcément un petit coin du monde où l’on s’est vaguement installé, où l’on a pris des responsabilités dérisoires. Nom de pays ou de quartier. Nom de rue. Nom de ville ou de village. Métier, fonctions et fonctionnements. Odeurs familières, clapotis des paroles maintes fois répétées, tiédeur exacte des corps, gestes connus par cœur jusqu’à l’écœurement. Le bonheur et l’angoisse assis dans le même fauteuil. La vie dans les délaissés. La vie sur sa seule pente et épousant ses plis.
Pierre Péju
Je n’ai jamais été de ces femmes qui, pour séduire, remontent leur jupe ou laissent glisser une bretelle : c’est mon âme que j’exhibe et avec un instinct effroyable de ce qui plaira.
Jacqueline Harpman
Un miroir est un alambic à vanité et en même temps un stérilisateur d’orgueil. Aucun objet n’excite plus un imbécile qui se tient devant lui avec la tête pleine de suffisance.
Natsume Soseki
Si les passions et les rêves ne pouvaient pas créer des avenirs nouveaux, la vie ne serait qu’une duperie insensée.
Henri-René Lenormand
Voici des fruits, des feuilles et des branches
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos douces mains blanches
Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.
J’arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.
Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encore de vos derniers baisers ;
Laissez-la s’apaiser de la bonne tempête,
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.
Paul Verlaine