Convertir les amertumes en bénignité, le fiel des expériences humaines en mansuétude, les ingratitudes en bienfaits, les insultes en pardon, n’est-ce pas la sainte alchimie des belles âmes?
Henri Frédéric Amiel
Convertir les amertumes en bénignité, le fiel des expériences humaines en mansuétude, les ingratitudes en bienfaits, les insultes en pardon, n’est-ce pas la sainte alchimie des belles âmes?
Henri Frédéric Amiel
Le voyage à pied est une ouverture au monde qui invite à l’humilité et à la saisie avide de l’instant.
Philippe Montillier
La légèreté d’esprit n’est-elle pas compatible avec les vertus les plus hautes, avec le génie même ? Nous en avons des témoignages innombrables. Et, pour ma part, j’aurais plutôt quelque méfiance à l’égard de la gravité- car il est fort aisé d’en faire le simulacre. Cela peut être une attitude, un parti pris, tandis qu’on ne peut pas prendre le parti d’être léger. On ne peut pas faire semblant d’avoir de l’esprit. Il faut en avoir. Et n’en a pas qui veut.
Sacha Guitry
Le temps était fini où les jours se succédaient vifs, précieux, uniques : l’avenir se dressait devant nous gris et sans contours, comme une invincible barrière. Pour nous, l’histoire s’était arrêtée.
Primo Levi (Si c’est un homme)
Il n’y a pas d’autre art que l’art amoureux. C’est l’art souverain de la lenteur et de la vitesse. C’est l’art de susciter un éclair, sans jamais l’arrêter en l’orientant vers nous.
Christian Bobin
La réalité romanesque doit être lucide et mystérieuse. L’art requiert le délicat ajustement de deux mondes, l’extérieur et l’intérieur, de telle sorte qu’ils transparaissent au travers l’un de l’autre sans changer de nature.
Geneviève Brisac
La mémoire est une artiste étrange, elle redessine les couleurs de la vie, gomme le médiocre pour ne garder que les plus jolie traits, les courbes les plus émouvantes.
Marc Lévy
Une femme libre est exactement le contraire d’une femme légère.
Simone de Beauvoir
Aussi loin que je puisse remonter, c’est-à-dire vers ma douzième année, le besoin d’écrire s’identifie pour moi au besoin de conserver, de faire durer. Vers ma douzième année, je fis avec ma mère un voyage de quelques jours à la campagne dont je tirai un cahier, une sorte de roman humoristique (!) intitulé Le Voyage à Beersel. J’avais écrit auparavant un ou deux cahiers sur des sujets assez fantastiques : des histoires à la Jules Verne, des romans de scaphandriers. Mais ils ne m’avaient pas procuré la même satisfaction que ce « roman vécu ». L’impression que ce voyage bien que terminé était « utilisé », qu’il existait une deuxième fois, et cette fois d’une existence définitive, qu’il y avait à la vie un mode d’emploi, une façon de n’en rien perdre, cela me donna pour la première fois un sentiment de sécurité, une paix, que pendant de longues années je trouvais en écrivant, rien qu’en écrivant.
Françoise Mallet-Joris
La nature absorbe, envahit, enveloppe, étreint ; elle soutient comme une espérance, comme une certitude ; elle émeut, console, sourit et se livre à ceux qui l’aiment. Elle est mystérieuse et visible, toujours vivante, toujours nouvelle ; son silence parle ; ses bruits, ses murmures révèlent l’harmonie. Elle est aussi belle dans sa simplicité que dans ces magnificences ; le dernier des brins d’herbe est rempli de sa beauté.
Henri Dujardin- Beaumetz (Entretiens avec Rodin)