Le désordre des êtres

Le désordre des êtres est-il vraiment dans l’ordre des choses ? De grands malades vivent parmi nous. Des psychotiques qui ne se contentent pas d’être fous mais feignent d’être normaux. Pour le commun des mortels, ceux qui n’en sont pas victimes, aucun symptôme n’est perceptible. Nous côtoyons ces désaxés sans y prendre garde. Il arrive…Continue reading Le désordre des êtres

Un refuge

Moi seule existe pour toi. Je sens bien que tu m’enfermes. Prudemment, avec tout le tact et la délicatesse qu’on reconnaît à mon entêtement, on commence à m’alerter sur les risques que je prends, sur ce courage insensé qui court à notre perte. Mais je ne suis pas encore prête à l’entendre. J’ai envie de…Continue reading Un refuge

On écrit

Oui, évidemment, on écrit avec ce qu’on a vécu, ce qui nous a traversé, ce serait impossible de faire autrement, impossible, quel écrivain pourrait faire abstraction de ce qu’il est, de ce qui l’a construit, mais avec ce matériau, il faut s’efforcer de faire de la littérature; la vie ça ne fait pas un livre,…Continue reading On écrit

Passion fixe

Je dis passion fixe, puisque j’ai eu beau changer, bouger, me contredire, avancer, reculer, progresser, évoluer, déraper, régresser, grossir, maigrir, vieillir, rajeunir, m’arrêter, repartir, je n’ai jamais suivi, en somme, que cette fixité passionnée. J’ai envie de dire que c’est elle qui me vit, me meurt, se sert de moi, me façonne, m’abandonne, me reprend,…Continue reading Passion fixe

Les livres

Ceux qui aiment ardemment les livres constituent sans qu’ils le sachent, la seule société secrète exceptionnellement individualisée. La curiosité de tout et une dissociation sans âge les rassemblent sans qu’ils se rencontrent jamais. Leur choix ne correspondent pas à ceux des éditeurs, c’est-à-dire du marché. NI à ceux des professeurs c’est-à-dire du code. Ni à…Continue reading Les livres

La pudeur

On vit dans une société où on dit rarement aux gens le bien que l’on pense d’eux. On a beaucoup de pudeur à l’exprimer et, finalement, beaucoup de retenue : chacun garde secrètement en soi ses opinions positives comme des graines qu’on laisserait se dessécher au fond de sa poche au lieu de les semer…Continue reading La pudeur

La créativité

Le manque invite à la créativité. La perte invite à l’art, l’orphelinage invite au roman. Une vie sans actions, sans rencontres et sans chagrins ne serait qu’une existence sans plaisirs et sans rêves, un gouffre de glace. Boris Cyrulnik

Cette vie

Nos parents nous ont donné la vie, mais pas la solution. Passés les premiers soins d’accueil en effet, la maison ne prend plus en charge. On vous rend vos lettres et vos dessins. On remet vos petits costumes à la concierge. On n’est plus comptable de vos étonnements… L’énigme n’a cessé de s’épaissir, mais les…Continue reading Cette vie