Le silence si lourd

Le silence est si lourd qu’on dirait que ça devient difficile de respirer. C’est un silence qui bourdonne et qui rentre jusque dans ma bouche avec la nuit et par ma bouche ça envahit tout mon corps. Je crois que j’ai peur du temps que ça va durer, toutes ces années qu’il reste à vivre…Continue reading Le silence si lourd

La marée

On contemplait la mer, on écoutait le vent, on se sentait gagner par l’assoupissement de l’extase. Quand les yeux sont remplis d’un excès de beauté et de lumière, c’est une volupté de les fermer. Tout à coup on se réveillait. Il était trop tard. La marée avait grossi peu à peu. L’eau enveloppait le rocher.…Continue reading La marée

La légèreté

La légèreté, elle est partout, dans l’insolente fraîcheur des pluies d’été, sur les ailes d’un livre abandonné au bas d’un lit, dans la rumeur des cloches d’un monastère à l’heure des offices, une rumeur enfantine et vibrante, dans un prénom mille et mille fois murmuré comme on mâche un brin d’herbe, dans la fée d’une…Continue reading La légèreté

Que propose la littérature ?

La littérature m’apparaît de plus en plus comme une maladie, un virus étrange qui vous sépare des autres et vous pousse à accomplir des choses insensées (comme de s’enfermer pendant des heures avec du papier au lieu de faire l’amour avec des êtres à la peau douce). Il y a là un mystère que je…Continue reading Que propose la littérature ?

Retour vers des sources

Mauvaises herbes, mauvaises pensées : elles ravagent obscurément, elles apparaissent périlleuses, d’une insidieuse stérilité. Entendez par là : indésirables, inconvenantes, subversives, contraires à l’ordre établi, à la culture autorisée. De mauvaise graine, elles ne conduisent qu’à nous marginaliser. Pourtant, dans l’impasse où nous sommes, dans l’étiage même de l’existence et la stagnation du temps, ne…Continue reading Retour vers des sources

Les Ombres errantes

Sans solitude, sans épreuve du temps, sans passion du silence, sans excitation et rétention de tout le corps, sans titubation dans la peur, sans errance dans quelque chose d’ombreux et d’invisible, sans mémoire de l’animalité, sans mélancolie, sans esseulement dans la mélancolie, il n’y a pas de joie. Pascal Quignard

Ce miroir critique

Longtemps j’ai pris ma plume pour une épée, à présent je connais notre impuissance. N’importe : je fais, je ferais des livres ; il en faut ; cela sert tout de même. La culture ne sauve rien ni personne, elle ne justifie pas. Mais c’est un produit de l’homme : il s’y projette, s’y reconnaît…Continue reading Ce miroir critique