A la postérité

Dans sa jeunesse, Freud ne fit pas toujours preuve d’autant de modestie ni de sagesse mais l’humour l’accompagne toute sa vie. Alors qu’à vingt-neuf ans l’ambition le dévore et qu’il ne rêve que de troubler le sommeil du monde par une grande découverte, il brûla notes, lettres et ébauches de manuscrits scientifiques accumulés depuis plus de dix ans. Et tout aussitôt, il écrit à Martha qu’il vient d’accomplir une tâche qui, il n’en doute pas un instant, « mettra, un jour, dans un cruel embarras une foule de gens qui ne sont pas encore nés mais qui naîtront pour leur malheur » : ses futurs biographes ! « Laissons-les se tourmenter, ne leur rendons pas la tâche trop facile […] je me réjouis déjà des erreurs qu’ils commettront », ajoute-t-il, heureux de ce pied de nez à la postérité !
Lydia Flem 

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