Souvenirs d’enfance

Chacun de nous est le produit des odeurs, des saveurs, des sons, des couleurs avec lesquels il a grandi et, de l’air que l’on respire à l’eau que l’on boit en passant par les aliments et épices dont on se nourrit, tout détermine ce que l’on devient. Quand le monde qui nous entoure évolue à une telle allure que plus rien ne nous accroche à nos souvenirs d’enfance, c’est une part essentielle de nous-même qui nous échappe.

Wangari Maathai

La véritable force

Ce qui caractérise la véritable force, en définitive, est qu’elle ne (se) force pas. La pensée chinoise ne se lasse de revenir sur ce motif : il est dans la nature de l’eau de couler vers le bas ; si elle peut charrier jusqu’aux pierres sur son passage, c’est en se contentant de suivre la pente qui s’offre à elle. L’eau est l’image de ce qui ne cesse de chercher une issue, pour poursuivre son chemin, mais sans faire violence à son inclination, en suivant sa propension (…). Le stratège, comme l’eau, contourne les obstacles et s’insinue par là où la voie est libre devant lui ; comme l’eau, il ne cesse d’épouser la ligne de moindre résistance et de trouver, à tout moment, par où c’est le plus facile de progresser.

François Jullien (Traité de l’efficacité)

Une inspiration inépuisable

Le prodigieux réservoir du passé livre une inspiration inépuisable et engendre une combinatoire sans fin. Un esprit vivant a la vocation de changer instantanément l’éclairage de sa vie. Non pas changer les choses elles-mêmes (bien que parfois cela advienne) – mais changer sa façon de les voir, de les éclairer.

Christiane Singer

Le doute

Le doute est une chose terrible parce qu’on ne sait pas très bien comment il grandit ni à quel moment il fout en l’air toutes nos certitudes. Mais ce dont on peut être sûr, c’est que pour l’éliminer, il faut aller le chercher à sa racine. La fragilité qu’induit en nous le doute finit par peser comme une enclume.

Frédérique Deghelt

Nos demains

Ta chair était ma chair. De nos moitiés, nous avions inventé des promesses ; ensemble nous étions nos demains. Je sais désormais que les rêves les plus fous s’écrivent à l’encre du coeur.

Marc Lévy

La langue française

La langue française ne s’offre pas spontanément au désir du locuteur. Elle oblige à un apprivoisement qui exige effort, patience et volonté. « C’est une langue belle à qui sait la défendre », comme le chante Yves Duteil. Et les Québécois sont parmi ses plus ardents défenseurs.

Denise Bombardier

Ecrit sur ta peau

Le temps que tu as traversé est écrit sur ta peau. Tu es vivant aujourd’hui par le temps que tu as vécu hier. Tu peux mentir, changer de visage ou même de nom, tu seras toujours ce que tu as vécu. Si la personne à laquelle tu parles ne t’entend plus ou si tu n’as plus personne à qui parler, alors tu n’existes plus.
Alexandre Feraga

La mémoire des maisons

Est-ce que les maisons se purgent de leurs ex-habitants avec l’arrivée des nouveaux habitants ? Ou reste-il plusieurs couches de fantômes dans leur mémoire. Comme des papiers peints superposés ? Est-ce que les maisons ont de la mémoire ?
Adriana Lisboa