L’observation est l’investigation d’un phénomène naturel, et l’expérience est l’investigation d’un phénomène modifié par l’investigateur.
Claude Bernard
Catégorie : Pensées
Modèle désiré
Un seul ennui avec les dieux : dès qu’ils ont assez de fidèles pour croire en eux, ils se mettent à exister. Et ce qui se met à exister ne correspond pas au modèle initialement désiré.
Terry Pratchett (Les Annales du Disque-Monde)
Les livres
Les livres résistent au temps et aux tempêtes comme les rives de la mer.
Yves Simon
Inachèvement perpétuel
J’ai donné tous les éléments mais je vais m’expliquer quand même. La mise en mémoire de la langue par la poésie, la poursuite d’une mise en mémoire d’une langue par un exercice particulier de la poésie ont une caractéristique commune remarquable : l' »inachèvement ». La poursuite de la langue par la poésie est une poursuite sans fin. Cela est vrai non seulement de la poésie en général, mais de toute poésie, de chacune. La poursuite de la mémoire est également une entreprise inachevable : inachevable par l’humanité ; inachevable, s’agissant de sa propre mémoire, par chacun. La mémoire et la poésie entendue comme mémoire sont marquées toutes deux du signe d’un inachèvement perpétuel.
Jacques Roubaud
Quand on est sans-abri
Comme s’il y avait une saison pour être SDF, nous on est à la mode en hiver. Mais quand on est sans-abri, la rue, c’est toute l’année. Douze mois sur douze. L’été aussi. Et l’été, c’est presque plus dur. Comme tout ferme, il faut vraiment se débrouiller seul. On est alors obligés d’accomplir ces gestes qui nous enfoncent d’avantage dans notre dèche parce que chaque fois on y laisse un peu de notre dignité : fouiller dans les poubelles, faire la manche.
Lydia Perréal (J’ai vingt ans et je couche dehors)
Le bons sens
Le bons sens est parfois l’objet de nos mépris. – C’est à tort : d’ordinaire il indique l’obstacle – Il juge le terrain, que tant de grands esprits, souvent, n’ont bien connu qu’au jour de la débâcle.
Antoine-Vincent Arnault
Tout recommence
On s’étudie trois semaines, on s’aime trois mois, on se dispute trois ans, on se tolère trente ans et les enfants recommencent.
Hippolyte Taine
Le monde est rond
J’aime le rond. J’aime le rond, les courbes, l’ondulation, le monde est rond, le monde est un sein.
Niki de Saint Phalle
Tes yeux, ton corps
J’aime tes yeux pour leur liesse
Et ton corps pour sa vénusté.
Paul Verlaine
Les douleurs, les joies
Les douleurs, les joies, s’inscrivent d’une étrange manière dans notre mémoire. On pense les avoir dépassées, on s’imagine qu’elles ne nous déchirent plus comme au début, mais il suffit d’une odeur, d’une chanson, pour y replonger.
Frédéric Lenoir