Plus nous confierons nos vies à des automates, plus nous aurons tendance à leur ressembler. C’est le même déséquilibre qui se glisse, sans compromis, dans la logique des choses. .. Cherche dans quelle partie de toi s’est nichée l’automate ; tu verras, tu seras surpris.
Ferenc Rákóczy
Catégorie : Pensées
Ruptures
C’est bien là le pire des ruptures : non seulement on se quitte mais on se quitte pour des raisons différentes.
Françoise Sagan
Le roman
La poésie, sa brièveté, sa fulgurance, c’est le domaine de la jeunesse. Le roman, c’est lourd, suffocant, ce n’est pas fait pour l’impétuosité de la jeunesse.
Patrick Modiano
Jean Francois Maurice – Monaco 28° à l’ombre
https://youtu.be/a_GaLdTbOG4
L’homme et la mer – Baudelaire
Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !
Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !
Charles Baudelaire
L’amour
Tout être vit dans l’incomplétude. Et c’est seulement l’amour qui lui permet de se réaliser pleinement.”
Eric Rohmer
Le langage
Le langage sert à produire un message, qui ne prend sens que dans la mesure où il y a un destinataire. Je vous parle en ce moment, vous êtes la raison d’être de mon discours. Seuls les fous parlent dans le désert. Encore le fou se parle-t-il à lui-même. Mais un texte, à qui parle-t-il ? À tout le monde !
Laurent Binet (La septième fonction du langage)
Poème de Marie Uguay
Je vous désire de nulle part
d’aucun mot décisif
mais d’une supplication invisible
où convergent tous les sentiments exaltés
(…)
Un iris balance ses pétales mauves
le soleil s’y noie
et toute une lourdeur de début et de fin de jour
s’est installée dans mon corps
je suis démantelée
sans plus d’appréhension et de mémoire
que cette lumière qui sombre
Je n’ai aucune promptitude
je suis là déchaînée mais inerte
Il n’y a plus que cette brisure ensoleillée
cette blanche impulsion où la vie se déploie
cet instinct de la lumière où tout vous constate en secret
Marie Uguay
Multiplier sa vie
Ecrire c’est une façon de connaître. Dans connaître il y a le mot naître. Naître sans cesse au réel d’une connaissance jamais intransigeante et dominatrice, mais toujours spéculative. C’est multiplier sa vie dans et par le langage, vivre comme dans un lieu où tout part et tout revient sans cesse. C’est approfondir la face autobiographique des rêves. C’est une autre forme de l’amour fou.
Marie Uguay
