Rares sont les êtres dont la compagnie m’est plus agréable que ne le serait une missive d’eux — à supposer, bien sûr, qu’ils possèdent un minimum de talent épistolaire. Pour la plupart des gens, un tel constat constitue l’aveu d’une faiblesse, d’un déficit énergétique, d’une incapacité à affronter le réel. « Vous n’aimez pas les personnes en vrai », m’a-t-on déjà sorti. Je m’insurge : pourquoi les individus seraient-ils forcément plus vrais quand on les a en face de soi ? Pourquoi leur vérité n’apparaîtrait-elle pas mieux, ou tout simplement différemment, dans l’épître ?
La seule certitude, c’est que cela dépend des êtres. Il y a des gens qui gagnent à être côtoyés et d’autres qui gagnent à être lus. De toute façon, même quand j’aime quelqu’un au point de vivre avec lui, j’ai besoin qu’il m’écrive aussi : un lien ne me paraît complet que s’il comporte une part de correspondance.
Amélie Nothomb
Catégorie : Citations
La folie
La folie, ce n’est pas de parler aux murs, c’est de les entendre répondre.
Laurent Houndegla
Mensonges
J’inventerais des bijoux de mensonges sertis d’éclats de détail, de splendides minuties qui seraient comme les morceaux d’une musique, des lames d’images nettes, ineffaçables, d’une si parfaite vraisemblance que personne n’aurait idée de douter de mes paroles.
Eleanor Catton
Larmes d’amour
Il y a des larmes d’amour qui dureront plus longtemps que les étoiles du ciel.
Charles Péguy
Jongleur de mots
Un écrivain peut finir par devenir un simple jongleur de mots plus ou moins adroit. Il peut en arriver à oublier l’essentiel : cette source qui coule au fond de nous et qui est le véritable lieu de rencontre des êtres.
Janine Boissard
L’absence
L’absence est poétique, c’est une invisible fée qui pare à toute heure l’être aimé des plus brillantes fleurs de l’imagination.
Jules Sandeau
Le manque
C’est dans le manque que l’on se rend compte de la valeur des choses et de l’importance des êtres…
Franck Thilliez
Les véritables roses
Les véritables roses laissent leurs pétales sur les pianos et les tapis. Elles ont des épines, trop de feuilles et l’odeur des jardins d’été. Elles accompagnent les baisers.
Clar Orteja
Mon âme
Je verse mon âme dans la vôtre, ne la refusez pas. Je rêve de vos rêves, je désire vos lointains.
Martine Le Coz
Les Tambours du soleil
L’Homme n’est jamais seul alors que je vous parle et
que vous
m’écoutez
il fait causette avec la vie devenue sa servante
Le bois le pain le feu sont à sa table et le ciel rentre
libre par les
fenêtres ouvertes
C’est beau ce que je dis mais vous n’y croyez pas
C’est dommage de ne pas voir que la terre se recrée
et se fait
notre alliée
bien triste de savoir que vous désespérez du bonheur
Moi je marche
tant que je marche je sais que les roses se multiplient sur mon passage
René Philoctète
