Frôler le miroir

J’en ai pris des notes devant le fleuve Saint Laurent…j’ai rempli plusieurs carnets sur la terrasse Dufferin. Ces heures étaient des heures mélangées de doutes, d’abattement et de foi. Une lumière tout de même traversait la parcelle désabusée en moi. J’étais là pour trouver des raisons de survivre. Aujourd’hui, j’ai du mal à comprendre ma désespérance durant cette période. Pourquoi étais-je si peu aguerri face aux événements ? Mon âme était fragile devant le fleuve. Pourtant des idées fusaient comme celle de surprendre mon entourage de retour à Paris. En fait je pensais trop à mon image, préoccupé par l’indifférence des autres ou leurs guerres acides. Deux décennies plus tard je ne me laisse plus détourner par les pernicieux ou hypocrites, les laissant faire leur numéro de cirque dans leur piteux univers. J’avance et si je dois me trouver au bord du ravin ou frôler le miroir brisé, mon histoire sera sans lien avec les autres. Aussi je compose avec cette philosophie d’être altruiste sans être tailladé par certains, de partager sans laisser entrer le venin des jaloux. Tant de gens se préoccupent même inconsciemment de leur rapport avec les autres ! Louable certes, mais d’abord n’est-ce-pas préférable de rassembler ces parties de soi qui se dispersent en velléités, interrogations !

Didier Celiset

 

ATELIER D’ÉCRITURE AUTOBIOGRAPHIQUE-L’ART D’ÉCRIRE

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