Les violons du passé

 

 

Son trousseau de clés, on le perd 
Il était là y’a vingt secondes 
On ne va pas en faire une affaire 
C’est arrivé à tout le monde 
En raccrochant le téléphone 
On ne sait plus ce qu’on a dit 
Peut être on ne parlait à personne 
Peut être que c’était vendredi 

Maman Maman 
Là-bas tu vas danser 
Maman, sur les violons de ton passé 
Ici, ici l’ardoise est effacée 
Ici, l’instant présent vite oublié 

Maman Maman 
Là-bas rien n’a changé 
Maman, le temps d’avant s’est arrêté 
Là-bas , y’a tant de choses à raconter 
Là-bas, ta mémoire est ressuscitée 

 

On se méfie des uns des autres 
On voit s’immiscer des voleurs 
Et chaque geste est une faute 
Chaque réflexion, une erreur 
On laisse les lumières allumées 
On oublie le gaz en partant 
Comme disent les voisins affolés 
Ça devient franchement inquiétant 

Maman Maman 
Là-bas tu vas danser 
Maman, sur les violons de ton passé 
Ici, ici l’ardoise est effacée 
Ici, l’instant présent vite oublié 

On se souvient de son grand-père 
Jusque dans les moindre détails 
Mais on n’a plus aucun repère 
Pour aller chercher son journal 
Un jour on ne reconnait plus rien 
Même les choses les plus familiales 
On fait partie comme son prochain 
De la grande famille d’Alzheimer 

Maman Maman 
Là-bas tu vas danser 
Maman, sur les violons de ton passé 
Ici, ici l’ardoise est effacée 
Ici, l’instant présent vite oublié 

Maman Maman 
Là-bas rien n’a changé 
Maman, le temps d’avant s’est arrêté 
Là-bas , y’a tant de choses à raconter 
Là-bas, ta mémoire est ressuscitée

Didier Barbelivien

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