L’ego

Lorsqu’on se demande qui est l’ego qui pense, tout ce qui concernait la personne historique et vivante est suspendu par le doute cartésien ou par la négativité de la pensée, de telle sorte que l’ego surgit de rien, déchargé de son passé, ses liens, ses habitudes. C’est cette dissociation que l’on pourrait appeler métaphysique, comme si la question Qui suis-je ? appelait une autre réponse que celle de mon état civil. La première personne n’est pas égologique, mais dialogique. Elle tire son sens du fait que l’acte de parole dispose par lui-même les interlocuteurs les uns par rapport aux autres.
Vincent Descombes

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