Mon ami, mon maître – Serge Lama

J’ai essayé à cent reprises
De vous parler de mon ami
Mais comment parler d’une église
Dont l’accès vous est interdit ?
Mais ce soir je sens sous ma plume
Un fourmillement familier
Quand le soleil du cœur s’allume
L’éteindre serait un péché
C’est mon ami et c’est mon maître
C’est mon maître et c’est mon ami
Dès que je l’ai vu apparaître
J’ai tout d’suite su que c’était lui
Lui qui allait m’apprendre à être
Ce que modestement je suisComme une chèvre vendéenne
De ses secrets il est jaloux
Et même s’il a de la peine
Il ne vous parle que de vous
Il conserve de son bel âge
Un sourire au fond de ses yeux
Et je me dis que c’est dommage
De vous le décrire sans cheveux
C’est mon ami et c’est mon maître
J’le vouvoie encore aujourd’hui
Et quand j’ai mal dedans mon être
Je passe une heure ou deux chez lui
L’air qu’on respire à sa fenêtre
C’est l’air le plus pur de Paris
Il porte en lui dur comme une arme
Un orgueil au-delà de tout
Au point que même au bord des larmes
Il vous fera croire qu’il s’en fout
C’est lui qui a fortifié mon âme
Et si je suis encore en vie
Je n’le dois pas à cette femme
Qui me rend heureux aujourd’hui
Mais à mon ami à mon maître
Et dans la chanson que voici
Je sais qu’il va se reconnaître
Mais puisque nous sommes entre amis
Ce soir je peux bien me permettre
De vous le présenter aussi

Ils font avancer l’humanité

Les fous, les marginaux, les rebelles, les anticonformistes, les dissidents… Tous ceux qui voient les choses différemment, qui ne respectent pas les règles. Vous pouvez les admirer ou les désapprouver, les glorifier ou les dénigrer. Mais vous ne pouvez pas les ignorer. Car ils changent les choses. Ils inventent, ils imaginent, ils explorent. Ils créent, ils inspirent. Ils font avancer l’humanité. Là où certains ne voient que folie, nous voyons du génie. Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde y parviennent.

Walter Isaacson (Steve Jobs)

Le temps

Seul l’homme mesure le temps.
Seul l’homme sonne l’heure.
Et, à cause de cela, l’homme est seul à souffrir d’une crainte paralysante qu’aucune autre créature ne connaît.
La peur de manquer de temps.

Mitch Albom

Vos défauts

On aime les gens pour leurs défauts, on les quitte pour leurs défauts. Ils nous captivent par leur originalité, leurs bizarreries, ils nous effraient pour les mêmes raisons.
Nadine Diamant

Le chemin parcouru

Quand nous sommes enfants, puis adolescents, nous ne nous intéressons pas de près à ceux qui nous ont précédés. Nous avons bien trop soif d’immédiat et de sensations nouvelles. Nous avons le désir de découvrir le monde comme personne avant nous n’a su le faire. Il sera bien temps, plus tard – si nous vivons – de nous retourner. Je ne crois pas qu’on se met à penser au passé (a retourner aux sources) après la quarantaine parce qu’on est sur la « pente descendante ». Je crois plutôt que la vie est comme l’univers : elle se dilate, puis se contracte, alternativement. Je crois, aussi que retourner sur ses pas (sur les pas des prédécesseurs) n’est pas une manière de cultiver la nostalgie, mais de donner sens au chemin que nous avons, après eux, parcouru.

Martin Winckler

Une vie meilleure

Je m’aperçois que la vie que j’aurais aimée n’est pas possible, elle aurait mal fini de toute façon, ça ne sert à rien de s’inventer des histoires, ça ne sert à rien de penser à hier, de regretter, d’imaginer demain aussi, ça ne sert à rien, à rien, à rien du tout, ça ne me fait pas même du bien, je gagne du temps, je le sais, à rêver, à imaginer une vie meilleure, je gagne du temps, je grignote ce qui reste à grignoter, je prends à la vie ce qui me reste à prendre, je picore les miettes dans une assiette vide, j’espère, mais dans le fond… […] À quoi bon alors, à quoi bon dites-moi…

Serge Perez

Poème de Leonard Cohen

I loved you in the morning

our kisses deep and wild

your hair upon the pillow

like a sleepy golden storm

you know my love goes with you

as your love stays with me

it’s just the way it changes

like the shore line and the sea

but let’s not talk of love or chains

and things we can’t untie

your eyes are soft with sorrow

hey that’s no way to say goodbye

I’m not looking for another

as I wander in my time

but walk me to the corner

our steps will always rhyme

many loved before us

I know that we are not new

in cities and in forests

they smile like me and you

but now it’s come to distances

and both of us must try

your eyes are soft with sorrow

hey that’s no way to say goodbye

Leonard Cohen