L’eau du ciel

 Les oiseaux s’étaient tus dans les forêts, et le monde gisait pantelant sous la vive chaleur vibrante. Puis vint le claquement du tonnerre. C’était un claquement coléreux, métallique et assoiffé, différent du roulement profond et liquide de la saison des pluies. Un vent puissant se leva et emplit l’air de poussière. Les palmiers oscillaient tandis que le vent peignait leurs feuilles en crêtes volantes comme d’étranges et fantastiques coiffures.
Quand enfin la pluie vint, ce fut en larges gouttes épaisses d’eau de grêle glacée que les gens appelaient ‘les noisettes de l’eau du ciel’. Elles frappaient durement les corps et leur faisaient mal en tombant, et pourtant les jeunes couraient de-ci de-là avec bonheur, ramassant les noisettes gelées et se les jetant dans la bouche pour les faire fondre.
La terre revint rapidement à la vie et les oiseaux de la forêt voltigèrent de-ci de-là en chantant joyeusement. Une vague odeur de végétation vivante et verte était diffuse dans l’air. Comme la pluie commençait à tomber moins fort et en gouttes liquides plus petites, les enfants cherchèrent un abri, et tous étaient heureux, rafraîchis et reconnaissants. »
Chinua Achebe

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