Le monde est une souffrance

Le monde est une souffrance déployée. A son origine, il y a un noeud de souffrance. Toute existence est une expansion et un écrasement. Toutes les choses souffrent, jusqu’à ce qu’elles soient. Le néant vibre de douleur jusqu’à parvenir à l’Être : dans un abject paroxysme.
Michel Houellebecq

La réalité extérieure

La psychanalyse n’a rien créé – au sens d’inventer quelque chose qui n’existait pas -, elle n’a fait qu’exhumer, découvrir, dévoiler, jusqu’au moment où – comme une eau souterraine que l’on entend à nouveau couler, comme le sang comprimé que l’on sent à nouveau pulser – la totalité vivante peut se manifester à nos yeux. La psychanalyse n’est rien d’autre qu’une mise à nu, opération que l’homme encore malade évite parce qu’elle lui arrache son masque, mais que l’homme guéri accueille comme une libération ; quand bien même, revenu à la réalité extérieure, laquelle entre-temps est demeurée inchangée, il se trouve assailli de difficultés : car, pour la première fois, c’est la réalité qui vient rejoindre la réalité, et non un spectre un autre spectre.

Lou Andreas-Salomé

Un génie

Un génie doit par définition être quelqu’un qui ne s’arrête pas pour réfléchir à ce qu’il fait, à la façon dont cela sera reçu ni aux conséquences que ça aura sur lui et son avenir ; il se contente de faire. Il exerce son activité avec une obstination qui est par essence malsaine et souvent autodestructrice.
Jesse Kellerman

Ces adultes

Je commence à en avoir ma claque de ces adultes qui se révèlent tout à trac sous un jour nouveau. On croit les connaitre. On les prend pour des ancres auxquelles on peut s’accrocher par gros temps. On leur fait confiance. Ils sont prévisibles. Ils rassurent. Et puis voila que sans crier gare ils se mettent à dériver, emportés par d’invisibles courants sous-marins qu’ils cachaient au fond d’abysses noirs. Les voila qui ne résistent plus à leur fractures souterraines.
Sophie Brocas (Le Cercle des femmes)

La vraie tristesse

Une rupture se doit d’être triste, et pourtant, quand la fin est proche, il y a des ressorts de joie, des intervalles de complicité, des alternances de gaieté. Dans ces laps de temps, on rit d’autant plus facilement qu’on sait que c’est la dernière fois. La vraie tristesse vient après, quand il n’y a plus rien à partager, même pas une explication ou une dispute.

Camille de Peretti