C’est Auschwitz

Ce point sur la carte Cette tache noire au centre de l’Europe cette tache rouge cette tache de feu cette tache de suie cette tache de sang cette tache de cendres pour des millions un lieu sans nom. De tous les pays d’Europe de tous les points de l’horizon les trains convergeaient vers l’in-nommé chargés…Continue reading C’est Auschwitz

La lecture du monde

Parce que voir, cela signifie percevoir des différences, et, dès que les différences s’uniformisent en un quotidien prévisible, le regard court sur une surface lisse et sans prises. Voyager ne sert pas beaucoup à comprendre, mais sert à réactiver pendant un instant l’usage des yeux : la lecture du monde. Italo Calvino

Une solitude vagabonde

Il y a une solitude que l’on peut bercer. Bras croisés, genoux remontés, on se tient, on se cramponne et ce mouvement, à la différence de celui d’un bateau, apaise et contient l’esseulé qui se berce. C’est une solitude intérieure, qui enveloppe étroitement comme une peau. Puis il y a une solitude vagabonde, indépendante. Celle-là,…Continue reading Une solitude vagabonde

Rivées à leur lecture

C’est beau une fille qui lit un livre dans les transports en commun. Ces filles-là, on dirait que le monde autour d’elles n’existe plus. Elles ont le regard rivé à leur lecture et, chaque fois qu’elles tournent une page, elles le font de façon précipitée, comme si la lecture du prochain mot ou de la…Continue reading Rivées à leur lecture

Désillusion

La première fois que j’ai fait l’amour avec lui, il est resté après sur moi. Son sexe tapi dans le mien. Il a cherché en tâtonnant des livres sous le lit. Il m’a lu des poèmes d’Eluard. J’ai dodeliné du chef pour ne pas hurler. J’étais déçue. Immobile comme un petit animal vertébré dans du…Continue reading Désillusion

En marge de la nature

L’enfant qui naît n’entre pas dans une ambiance naturelle : il entre dans la civilisation où se développe la vie des hommes. C’est une ambiance fabriquée en marge de la nature, dans la fièvre de faciliter la vie de l’homme et son adaptation.  Maria Montessori  

Dans la nuit des mots

On écrit le plus souvent pour abolir les frontières du temps et de l’espace, pour jeter des ponts entre le provisoire et le durable, la possession et la perte, la jouissance et le désespoir. Parfois, l’écrivain cède au besoin de plonger dans la nuit des mots et la nuit de la chair afin d’y trouver…Continue reading Dans la nuit des mots